En allant te chercher à l'école aujourd'hui, la maîtresse m'a glissé un petit mot : il ne faut pas que je m'étonne, elle propose de t'inscrire en "groupe SCP sur la manipulation des outils" à la rentrée. Soutien Jesaispasquoi Pédagogique je suppose, bref des cours du soirs pour apprendre à tenir ton crayon :/
Je peux pas dire que je sois très étonnée, mais ça me contrarie quand même un peu. Elle souhaiterait aussi me rencontrer pour me parler de toi, et nous avons rendez-vous à la rentrée pour un entretien.
En discutant avec toi, je constate que contrairement à l'année dernière où tu t'en foutais un peu, tu en souffres davantage, de cette difficulté. "Moi je suis trop petit pour dessiner un bonhomme, j'ai pas assez de force, je fais pas la tête bien ronde ni le corps bien rond, il me faut un modèle..."
Je sais, c'est bête de vous obliger à dessiner des bonhommes, parce que même avec une tête carrée, y a pas besoin d'être pédopsychologue diplomé pour comprendre que tu l'as intégré depuis belle lurette ton schéma corporel... Mais l'école est faite ainsi, mon chéri, et tout y passe par l'écrit.
Aussi intelligent sois-tu (et tu l'es, pas de doute, peut-être même un peu "trop" ?), si tu écris mal, si tu ne parviens pas à rendre par écrit ce que demande le prof, tu auras de mauvaises notes. Les belles machines que tu construis, tes super théories ne compteront pour rien. Elles ne sont pas dans les barêmes.
Et ça me révolte, parce que pour moi l'école c'était un endroit chouette où apprendre plein de choses, presque mon seul booster de confiance en moi puisque j'y étais bonne et pas très brillante en dehors, et que ça ne le sera pas pour toi.
Je cherche déjà comment t'aider, comment contrecarrer les effets négatifs des "mauvaises notes" sans te buter, en conservant cette belle soif d'apprendre que tu as.
Ma copine Chantal me manque, j'aimerais bien son éclairage de psychomotricienne sur le sujet.
Ce soir, tu me disais que tu voulais que ça soit maintenant les vacances, que tu ne veux plus jamais, jamais y retourner à l'école. Que tu n'es pas très sage à la sieste, que tes cousins (oui copains/cousins, tu as du mal) se moquent de toi des fois et qu'après tu étais très très triste et tu avais juste envie de te cacher pour toujours.
Ca résonne dans mon coeur de maman, ce genre de parole, je ressens tout ce que tu me racontes comme si je le vivais, avec en prime ce sentiment d'impuissance à t'éviter ces déboires. "Ils sont bêtes," t'ai-je dit "moi je sais bien que tu es le plus magnifique petit garçon qui soit" et ça t'a fait sourire. Pour combien de temps ?
Cela dit, tout n'est pas si noir, même si tu ne veux plus jamais jamais y retourner ce soir, demain tu sautilleras au bout de ma main, tu rentreras en classe en lançant un tonitruant "Bonjour Maîtresse" et iras chercher ton étiquette sans même te retourner. Et lundi en huit, tu me diras que tu ne veux pas aller chez Nicole, que tu préfères l'école.
Au final, c'est encore à la maison qu'on est le mieux, et je suis comme toi : j'attends vendredi soir pour pouvoir enfin me poser avec vous. Râler beaucoup, sûrement, bouger, ne pas beaucoup se reposer, mais passer du temps ensemble, sans autres contraintes que celles que l'on se met.
jeudi 17 octobre 2013
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